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LogoJ.-L. Butré, un Rullicois à l'assaut des moulins géants

la Nouvelle République - 7 juin 2009

Rencontre avec Jean-Louis Butré, le président de la plate-forme européenne anti-éolien.

Diplômé de l'école d'ingénieurs en physique et chimie à Paris, Jean-Louis Butré a passé toute sa jeunesse en terres poitevines. Apprenant il y a quatre ans qu'un parc éolien pourrait être créé près de chez lui, il a fondé l'association Vent du Bocage pour lutter contre le projet. Depuis, il est devenu président de la Fédération Environnement Durable qui regroupe plus de 500 associations, et, depuis peu, responsable de la plate-forme européenne anti-éolien. Son chemin pourrait ne pas s'arrêter là.

Cet esprit batailleur à la Don Quichotte, une vocation ?

« J'ai passé ma jeunesse le long de la Vonne, des heures aux côtés de mon grand-père à découvrir les paysages, pêcher. Peu à peu, j'ai assisté au démembrement des terres, ces haies que l'on brûlait par kilomètres, j'en aurais pleuré. Je n'ai pas accepté qu'en plus on détruise le peu qui restait en alignant des pylônes géants un peu partout. »

Photo la Nouvelle République
Responsable mondial demain ? Le Poitevin ne dit pas non à condition que le combat soit limité uniquement à l'éolien.
Certains ont dit que vous souteniez le lobby du nucléaire, d'autres que vous étiez le paravent de certains politiques qui ne voulaient pas appliquer le Grenelle de l'environnement ?

« C'est plus simple. J'ai fait carrière dans l'industrie pharmaceutique et occupé des postes à haute responsabilité. J'y ai tout appris sur les méthodes employées pour prendre des parts de marché. Aujourd'hui j'ai en face de moi les mêmes adversaires qu'hier, des gens qui, logiquement, cherchent à gagner le plus d'argent possible. Mais c'est au détriment des contribuables qui doivent payer la note, ce que le républicain que je suis ne peut accepter ».

Il y a donc une morale qui vous fait avancer ?

« Disons-le, je suis profondément libéral. Le profit en soi ne me choque pas. Ce qui me déplaît dans cette histoire, c'est que l'on utilise une forme de subventionnement, (l'électricité est payée nettement plus cher aux fournisseurs éoliens), qui permet d'arroser tout le monde, les communes, les agriculteurs. »

Vous êtes partis à quelques-uns, aujourd'hui vous rassemblez des milliers d'adhérents, une recette ?

« Nous accueillons à la Fed toutes les bonnes volontés. Pourvu que l'on reste sur la seule ligne de l'anti éolien. Notre charte souligne que nous évitons d'aborder tout autre sujet qui pourrait devenir polémique, comme le réchauffement climatique ou le nucléaire. »

On vous a connu force d'opposition mais aussi de propositions pour mettre en avant d'autres énergies durables. Il semble que le second volet soit abandonné ?

« Rien qu'en France, nous nous battons pour éviter un mitage du territoire par 15.000 machines. On ne peut être sur tous les fronts. Et puis, il y a aussi le volet international. »

C'est vrai que vous êtes devenu responsable de la plate-forme européenne. Demain président mondial ?

« Les choses vont très vite. 19 pays de l'U. E nous ont rejoints, 350 associations, des dizaines de milliers de personnes. Cela, sans aucune subvention, aucun apport d'entreprises que nous refusons systématiquement d'ailleurs. Et je dois dire que les Canadiens et les Américains nous ont demandé de “cloner” ce que nous faisions. Nous avons aussi des contacts avec le Japon… »

Claude Aumon

Lien : http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php...